LE BLOG DE L’AVPAV (association pour la valorisation du patrimoine architectural du valentinois)

Viviane Rageau
historienne du patrimoine
Un essai de cartographie des travaux de Bossan et de ses élèves en Drôme-Ardèche
À ce jour, la connaissance des réalisations de Pierre-Marie Bossan et de Joannis Rey, son principal élève en section architecture à l’école de Valence, repose principalement sur les écrits de trois auteurs historiques que sont Louis Sainte-Marie Perrin, Félix Thiollier et Emile Quincieu, avec des publications réalisées entre 1889 et 1911. Si depuis de nombreux articles et publications ont suscité l’intérêt des chercheurs, il faut reconnaître que c’est principalement – et très logiquement – la basilique Notre-Dame de Fourvière qui a été le sujet d’étude privilégié des spécialistes et des chercheurs. C’est donc tout un pan du travail de Pierre-Marie Bossan dans la Drôme, au cours des décennies 1860 et 1870, qui s’ouvre à la recherche.
Cet essai de cartographie ne prétend pas à l’exhaustivité mais tente de faire le point sur la connaissance actuelles des constructions d’églises ou de travaux importants réalisés dans des édifices religieux par Pierre-Marie Bossan et son élève Joannis Rey. Le point de départ est l’inventaire des trois auteurs historiques cités précédemment, auquel s’ajoute les résultats des recherches faites en série communales 2 O aux archives départementales (documents administratifs). L’ensemble de ces données a été croisée avec le fonds Rey-Joulie qui est d’une incroyable richesse mais dont beaucoup de dessins ne sont ni signés ni datés.
1 – Les réalisations de Pierre-Marie Bossan inventoriées en 1911
Valence et ses quatre chapelles Bossan
L’architecte a construit quatre chapelles à Valence dont une seule a « survécu » aux appropriations d’usage qui ont largement sévi à la fin du XXe siècle. On constate par ailleurs que deux des quatre chapelles sont dans l’environnement immédiat de l’église Notre-Dame, paroisse du curé Didelot de 1858 à 1868, proche de Pierre-Marie Bossan et chez lequel il s’installe quand il arrive à Valence au début des années 1860.
Les Petites Sœurs des Pauvres
La construction de cet établissement à Valence n’a été mentionnée par aucun chercheur à ce jour. Seule la chapelle, réalisée dix ans plus tard in situ, lui était attribuée.
Le Livre de fondation des Petites Sœurs des Pauvres atteste le nom de Pierre-Marie Bossan pour la construction de l’établissement, construit entre 1865 et 1867. Il ne comportait qu’un corps principal orienté est-ouest. Une décennie plus tard, l’architecte vient accoler la chapelle définitive au centre de la façade sud du bâtiment. Le plan en T qui en découle rappelle celui de l’hôpital Saint-Luc, construit par Bossan sur le quai du Rhône à Lyon, achevé en 1875 (détruit en 1998). On sait également de Pierre-Marie Bossan participe à la dotation de la chapelle des Petites Sœurs des Pauvres de Valence en offrant la table de communion.
On ne possède aucun dessin, ni plan de l’établissement construit en 1865, ni de la chapelle construite 10 ans plus tard, à part le dessin en coupe que Michel Joulie réalise en 1970 lors de la réalisation de la nouvelle chapelle, en lieu et place de l’originale. Aucune photo de l’intérieur de la chapelle de Pierre-Marie Bossan (1877-1970) n’est connue à ce jour.
La chapelle Saint-Marthe
Elle est présentée par Félix Thiollier comme d’une grande originalité. Ce dernier donne 1866 comme date de construction, ce qui incite à l’attribuer à Pierre-Marie Bossan lui-même, son élève Joannis Rey n’ayant que 16 ans. Les dessins et plans de Saint-Marthe, non signés ni datés, présents dans le fonds Rey-Joulie, pourraient être de la main du maître sachant que peu de dessins peuvent lui être attribués. La statue de sainte Marthe n’est pas présente sur le dessin original de la façade, dont le tympan est nu. En revanche, elle est représentée sur la planche parue dans le livre de Félix Thiollier et elle est toujours en place aujourd’hui. Cette sculpture en pied de Sainte-Marthe victorieuse du dragon (la Tarasque) au centre du tympan est attribuée à Paul-Emile Millefaut (1848-1907), natif de La Roche de Glun, élève de Dufraine à l’école des arts religieux de Valence, dirigée par Pierre-Marie Bossan. Cette chapelle étant datée de 1866, Millefaut aurait eu 18 ans au moment de sa réalisation. Le dessin de façade ne portant pas de statue, il est possible qu’elle ait été réalisée et installée plus tardivement.
Cette chapelle a été appropriée en salle de motricité pour les classes maternelles de l’école Saint-Apollinaire. Seule la façade est encore lisible aujourd’hui dans son état d’origine.
Chapelle de la Providence
Cette chapelle à chevet plat est peu connue, car située au centre de l’institution de la Providence et non visible de la rue (Faventines). La Providence s’installe à Valence en 1846. Cette institution est destinée à accueillir des orphelines, auxquelles on apprenait un métier au sein d’une école ménagère. Les bâtiments se construisent jusqu’en 1870 et la chapelle attribuée à Pierre-Marie Bossan est datée de 1869. On y retrouve le principe des colonnettes suspendues qui seront reprises plus tard dans la chapelle des Trinitaires. On possède un dessin de la façade, d’une grande simplicité, grâce à un projet de rénovation du porche d’entrée par Henri Joulie en 1923. En 1995, le foyer de la Providence cesse son activité et vend ses locaux au CALD. Comme pour la chapelle Sainte-Marthe, l’appropriation de cette chapelle en salle de réunion et bureaux (CALD et aujourd’hui CAUE, Soliha…) s’est opérée au début des années 2000. Malgré des travaux importants, les principaux éléments structurants de la chapelle ont été conservés (corbeaux sculptés, colonnettes suspendues, vitraux, ouvertures…)
La chapelle des Trinitaires
La chapelle des Trinitaires est la quatrième chapelle construite par Pierre-Marie Bossan à Valence et la seule qui soit encore en élévation et en possession de ses décors d’origine. Félix Thiollier donne une date erronée (1865). En effet, les sœurs Trinitaires, à l’étroit dans leurs locaux en centre-ville, souhaitent déplacer leur pensionnat de jeunes filles afin de libérer de l’espace pour développer leur école normale d’institutrices. Elles achètent le pensionnat de la rue Segond en 1867 et s’y installent peu à peu. La chapelle sera construite quelques années plus tard. Sur les nombreux plans présents dans le fonds Rey-Joulie, seuls quelques-uns sont signés par Joannis Rey et datés de 1874. Certaines factures sont signées pour acquittement : « Pour M. Bossan, Joannis Rey » (1876). On en déduit que cette chapelle est l’œuvre conjointe du maître et de l’élève comme c’est le cas pour de nombreuses réalisations dans le courant de la décennie 1870.
Églises drômoises attribuées à Pierre-Marie Bossan
L’église d’Aouste-sur-Sye
À Aouste-sur-Sye, l’ancienne église a été détruite en 1862 et durant une décennie les autorités locales tentent de valider un nouvel emplacement pour la construction d’une église neuve. Les archives départementales conservent une série de plans et dessins signés Pierre Bossan, datés du 1er mars 1872. Ils ont fait l’objet de remarques de la part de l’architecte diocésain Nicolas Bailly et on sait que l’architecte propose 5 feuilles de plans et dessins rectifiés, le 5 octobre 1873. L’église sera finalement inaugurée le 1er mai 1879.
Ces plans sont les seuls plans signés Pierre Bossan que l’on possède à ce jour, sans pour autant pouvoir affirmer que ce n’est pas Joannis Rey (il avait 22 ans en 1872) qui les a réalisés. D’ailleurs, le plan des abords, non daté, est lui-même signé : « Pour M. Bossan, J. Rey ».
L’église de La Bégude-de-Mazenc
Elle est construite à l’initiative du baron de Vissac au début des années 1870, entérinant en cela un conflit latent depuis plusieurs années avec la municipalité. En effet, une partie de la population souhaite la présence d’une église au hameau de la Bégude, située « en bas » et non au hameau de Châteauneuf, situé « en haut ». Si un seul dessin de coupe transversale est signé par Joannis Rey (1874), il existe aux archives départementales un devis estimatif daté du 17 septembre 1878 signé « Pour M. Bossan, Joannis Rey » pour achever l’église. À partir de 1880, tous les devis et documents techniques sont signés Joannis Rey, jusqu’au procès-verbal de réception définitive en 1886. L’église de la Bégude est un exemple de difficulté d’attribution : Pierre-Marie Bossan et/ou Joannis Rey ont pu réaliser le début du chantier de l’église mais aucun document présent en fonds public ne permet de le confirmer, l’édifice ayant été construit par le baron de Vissac (propriétaire privé).
Une commande d’autel à Camille Rey est passée en 1887 pour un montant de 2000 fr, puis une chaire à prêcher (750 fr) à M. Villard ébéniste à Dieulefit et une table de communion (500 fr) à Séraphin Gautier sculpteur à La Touche.
L’église de Grâne
Autre exemple de difficulté d’attribution, le projet de construction de l’église de Grâne. Il est confié à l’architecte diocésain Hippolyte Épailly en 1863, mais le projet ne semble pas avoir été réalisé. On apprend que l’église a finalement été construite par l’abbé Fière, curé de Grâne, sur un terrain en sa possession au centre du village et qu’en 1879, il cède l’église et le terrain à la commune, à charge pour celle-ci de payer les créanciers. Un document listant les créanciers concernés mentionne M. Rey architecte, débiteur de 1904 fr, sur un total de 17331 fr dus.
Saint-Gervais-sur-Roubion
À Saint-Gervais-sur-Roubion, cinq projets se succèdent entre 1852 et 1874 dans le cadre d’un projet de construction de l’église dans une partie du château. Nicolas Fontanille, puis Charles de Montluisant, puis un second projet de Fontanille, puis un projet de construction sur un nouvel emplacement et enfin en 1874 le projet de Pierre-Marie Bossan et Joannis Rey. Les plans conservés dans le fonds Rey-Joulie ne sont ni datés ni signés.
L’église Saint-Etienne de Crépol
Cette église est habituellement attribuée à Bossan, pourtant le plan d’implantation date de 1885 et les travaux se déroulent de 1887 à 1889 ce qui est trop tardif pour être attribuable à Pierre-Marie Bossan, décédé en 1888. Le fonds sur Crépol aux archives départementales confirme Joannis Rey comme architecte de l’église. On peut émettre l’hypothèse que Joannis Rey ait repris des dessins antérieurs du maître pour réaliser cette église. Le mobilier de l’église de Crépol, notamment le maître-autel, rappelle le mobilier liturgique de Bossan.
L’église de Pradelle
L’église de Pradelle est mentionnée par Thiollier mais on ne possède aucun plan ou dessin lié à sa réalisation ou sa rénovation. Elle est dite avoir été construite sans prise d’honoraires de la part de l’architecte.
L’église des Capucins de Crest
Peu d’informations nous sont parvenues, du moins dans les fonds d’archives publiques, cette chapelle ayant été construite par les Capucins. Le projet de rénovation de la chapelle date du début des années 1870 et est attribué à Pierre-Marie Bossan. Le fonds Rey-Joulie possède un dessin de façade et une coupe longitudinale qui sont proches de l’existant.
2 – Les constructions d’églises par Joannis Rey
Toutes les communes citées précédemment sont mentionnées par les auteurs historiques sur Pierre-Marie Bossan. Les quatre exemples suivants concernent des communes qui ont été répertoriées plus tardivement et qui possèdent une église dessinée et construite par son élève Joannis Rey.
Saint-Bonnet-de-Galaure
La reconstruction de l’église paroissiale est confiée à Joannis Rey en 1882. Suite aux remarques prononcées par le Conseil des bâtiments civils, notamment par l’architecte diocésain Hippolyte Épailly, Joannis Rey modifie son projet et l’église est achevée en 1886.
Bonlieu-sur-Roubion
Joannis Rey réalise la nouvelle église Sainte-Anne des Norbertines, consacrée en 1899, soit 11 ans après la mort de Pierre-Marie Bossan qui avait travaillé antérieurement sur ce projet et qui avait offert du mobilier liturgique aux religieuses. Joannis Rey travaillera à nouveau sur le site de Bonlieu avec Georges Allingry, son élève, de 1904 à 1907.
Eymeux
Joannis Rey construit la chapelle Sainte-Béatrix d’Ornacieux. Le fonds Rey-Joulie possède quelques dessins préparatoires mais aucune mention n’est présente dans les archives publiques.
Montségur-sur-Lauzon
Les autorités locales souhaitent construire une nouvelle église de 300 m² pour 900 fidèles. Le rapport préalable à la construction est signé par Joannis Rey, qui établit un devis d’un montant de 45 000 fr. Des travaux de marbrerie (maître-autel, chaire, table de communion…) sont projetés pour un montant de 3000 fr, pour lesquels un traité de gré à gré est signé avec Camille Rey en 1904.
3 – Rénovations d’églises par Pierre-Marie Bossan et Joannis Rey
Les communes suivantes ont chacune une église ayant fait l’objet d’un chantier de rénovation ou d’extension conduit par l’un ou l’autre architecte et parfois par Joannis Rey sous la direction de Pierre-Marie Bossan.
Moras-en-Valloire
Le projet de réparation de l’église paroissiale est dressé par Joannis Rey en 1888. Les archives départementales possèdent un traité de gré à gré avec Camille Rey pour la restauration intérieure de l’église : construction d’un arc triomphal en pierre factice de ciment, peintures décoratives et installation d’un maître-autel en marbre. Un autre projet de travaux est confié à Joannis Rey en 1895, le dallage de la nef et des chapelles. Le chantier s’achève en 1899.
Montélimar
Projet d’agrandissement du couvent Sainte-Marthe de Montélimar. Le fonds Rey-Joulie possèdent plusieurs dessins datés du 13 septembre 1876, signés « Pour M. Bossan, Joannis Rey ».
Saou
La tradition rapporte que le portail de l’église de Saou a été réalisé par Pierre-Marie Bossan, mais on ne possède aucun plan ou dessin du projet.
Châteauneuf de Galaure
Joannis Rey est chargé de la restauration partielle de l’église paroissiale en 1896 et de la surélévation des chapelles en 1898. Les travaux sont importants et concernent les voûtes, des fenêtres à créer, les enduits, le dallage, les bois de charpente à remplacer, les cheneaux, le ravalement de la façade et la surélévation de la sacristie. On trouve 2 planches de plans et dessins dans le fonds Rey-Joulie qui sont attribués à Joannis Rey.
Jaillans
Joannis Rey est chargé, en 1895, de réparer la voûte de l’église qui a fléchi en plusieurs endroits et qui est étayée car elle menace de s’écrouler. Une nouvelle façade est réalisée lors de ces travaux de restauration. Le chantier se déroule entre 1895 et 1898.
Ourches
Les documents administratifs des archives départementales mentionnent l’architecte Brun de Valence et le conducteur de travaux Delègue de Crest pour la rénovation de cette église. La tradition rapporte que la conception globale de sa rénovation (le chœur de la petite église primitive devient le transept de la nouvelle église) est due à Pierre-Marie Bossan qui a été proche du maire d’Ourches au moment de la rénovation et qui aurait dessiné le projet réalisé par ses confrères. L’église rénovée a été inaugurée en 1862, on peut en déduire qu’elle est un des premiers projets réalisés dans la région par Pierre-Marie Bossan, depuis peu installé à Valence.
L’église Notre-Dame de Valence
Cette église a été réalisée par Achille Tracol en 1859. C’est l’œuvre du chanoine Didelot qui souhaite marquer l’existence de la nouvelle paroisse dont il a la charge. On sait que Pierre-Marie Bossan a travaillé pour l’église Notre-Dame en 1873 avec un projet de travaux de réfection des voûtes de l’église et pour sa décoration intérieure avec un devis de 4050 fr pour la réalisation de sculptures. Le sculpteur Tournon est chargé de l’exécution du projet. On connait aussi le projet de réalisation d’une chaire à prêcher commandée à Pierre-Marie Bossan pour un montant de 2500 fr. Les réparations au clocher ont été réalisées par Joannis Rey en 1895.
4 – Constructions de clochers par Joannis Rey
Joannis Rey est connu pour avoir conduit de nombreux projets de construction ou de reconstruction de clochers.
Saint-Martin d’Août
L’agrandissement de l’église est lancé en 1869 mais se confronte à de nombreuses difficultés tant financières que techniques, l’architecte choisi par la commune ne satisfaisant pas à l’autorité administrative. C’est finalement M. Pau, curé à Sainte-Croix près de Die et « architecte », qui est chargé des travaux en 1893. Un an plus tard, Joannis Rey construit le clocher. Le chantier est terminé en 1898.
Manas
On attribue le clocher de l’église de Manas à Joannis Rey. Les plans et dessins du fonds Rey-Joulie ne sont pas signés et la recherche dans le fonds des archives départementales ne permet pas de confirmer cette attribution. Pour autant, sa forme est très proche de la tour de la mairie de Saint-Pantaléon construite par Joannis Rey en 1901. Le clocher semble être construit dans les années 1880, sans aide de l’Etat ni de la commune, d’où l’absence de documents administratifs.
Génissieux
Joannis Rey réalise le clocher à l’issue de la construction de l’église. Il intervient en 1891 après la construction de l’église par Calinaud architecte à Saint-Marcellin, remplacé par Gresson, architecte à Montélimar puis par Fontanille, architecte de la ville de Romans. La réception de l’église est faite en 1872 et il faut attendre 20 ans pour la réalisation du clocher.
Saint-Vincent la Commanderie
À Saint-Vincent, Joannis Rey travaille à la suite d’Achille Tracol, qui a terminé l’église en 1873. Le chantier du clocher se déroule de 1891 à 1895.
Saint-Nazaire-en-Royans
C’est Hippolyte Épailly qui reconstruit l’église en 1877. Joannis Rey est chargé, en 1890, de construire la partie supérieure du clocher qui était restée peu élevée suite à sa destruction au cours des guerres de religion.
Châteauneuf-sur-Isère
En 1870, l’architecte diocésain Épailly conduit le projet de reconstruction de l’église paroissiale. En 1889, Joannis Rey est appelé pour réaliser la partie supérieure du clocher. Les travaux sont financés par le supérieur général de l’ordre des Chartreux au titre de la dédicace de l’église à saint Hugues.
Saint-Pantaléon-les-Vignes
En 1901, Joannis Rey est chargé de travaux pour la mairie de Saint-Pantaléon les Vignes. La tour qu’il réalise rappelle le clocher de l’église de Manas…
5 – Constructions non réalisées ou détruites
Bourg-de-Péage
La chapelle Sainte-Marguerite de Mondi, est dite avoir été construite en 1863 d’après les plans de Pierre-Marie Bossan, par le propriétaire Augustin Belmont de Lyon. En 1967, le site est racheté et devient la Maison Familiale Rurale de Mondi et en 1983, la chapelle est détruite pour faire place à des bureaux.
Bourg-lès-Valence
On possède 4 planches de plans et dessins de coupes d’une « église projetée de Bourg-lès-Valence », dont 2 planches sont datées du 18 octobre 1877 et signées « Pour M. Bossan, Joannis Rey ». On ne connaît pas le contexte de ce projet, sachant que l’église a fait l’objet d’un agrandissement avec construction d’un nouveau chœur deux décennies plus tôt.
Saint-Péray
Félix Thiollier évoque un projet non réalisé pour l’église de Saint-Péray.
Saint-Nazaire-le-Désert
On possède un dessin daté de 1873 et signé « Pour M. Bossan, J. Rey », non réalisé, pour l’église de Saint-Nazaire le Désert.
Saint-Marcellin
Félix Thiollier évoque également un projet à Saint-Marcellin, non réalisé.
Alixan
Au château de Bayanne, un dessin attribué à Joannis Rey représente la chapelle du château (disparu) qui appartenait aux Lattier, originaires de Montélier. L’église a été construite en 1861 et démolie en 1959.
Saint-Martin-en-Vercors
Joannis Rey a été sollicité par la commune pour établir le plan de la nouvelle église à construire en 1877, mais le projet est resté sans suite. La commune a fait des réclamations contre Joannis Rey dont les honoraires étaient trop élevés. Un recours auprès des tribunaux a pu être évité.
Conclusion
Ce travail de cartographie-inventaire permet aujourd’hui d’élargir la connaissance des réalisations de Pierre-Marie Bossan à l’échelle de la Drôme, et en partie de saisir son influence sur ses contemporains. Si peu de plans et dessins sont attribuables au maître, on connait son sens de l’architecture et du décor par son élève architecte Joannis Rey. Celui-ci est formé exclusivement par Pierre-Marie Bossan dès les années 1860, au sortir de l’école de la paroisse Notre-Dame. L’architecture du maître, réduite à quelques réalisations dans la Drôme par la plume de ses trois biographes historiques, prend une ampleur bien plus considérable aujourd’hui, avec des interventions en binôme Bossan-Rey, puis Rey, pour une trentaine de communes concernées dans la Drôme. A cela s’ajoutent les nombreux projets de créations de mobiliers liturgiques réalisés par Bossan et ses élèves de l’école de Valence, modèles transmis au sein de l’école, comme un nouveau pan de recherche qui s’ouvre à nous.